Dégustation à la tonnellerie Vicard

Réunis à Cognac par Olivier Dauga pour visiter la tonnellerie Vicard, on allait pas se quitter comme cela. Ici en Aquitaine, on sait vivre et recevoir. Pour conclure notre matinée, Jean-Charles Vicard nous a proposé de partager un cochon de lait rôti au four à barrique. L’expérience ne nous a pas déçue : chair savoureuse sous une croute dorée à la belle couleur caramel et cuisson parfaitement maîtrisée.

Pour accompagner, nous avions les vins des vignerons invités, on s’est fait plaisir.

Olivier Dauga et Jean-Charles Vicard

Mon carnet de dégustation en images

Les blancs du domaine le songe de Don Bosco

Nous sommes au pied du massif des Maures où la nature et le soleil invitent au vin plaisir. Ceux du domaine Don Bosco nous ont séduit par leur fraîcheur.

  • L’Orphelin blanc aromatique et léger produit à base d’Ugni blanc, le cépage emblématique des vins de distillation. La nature sait nous surprendre et nous prouve encore une fois sa générosité. Travaillé en petit rendement (35 hectolitres/ha) il donne un vin frais et fleuri qui s’inviterait bien sur nos tables à l’heure de l’apéro
  • Sacrifice blanc : un blanc frais et joyeux, simple comme nos déjeuners du dimanche. Cépage Rolle (connu aussi sous le nom de vermentino
  • Amorevolezza : la cuvée amphore du domaine (Rolle et Ugni blanc). Un blanc plus complexe avec une bouche un peu charnue qui se plairait bien dans l’accompagnement d’un plat de viande blanche.

Mon coup de coeur pour le Crozes vieilles vignes du domaine des Hauts Châssi

Franck Faugier, vigneron à la Roche de Glun nous proposait une sélection de parcellaires. Dans sa gamme, j’ai craqué pour :

Les Châssis : Superbe robe et câlin en bouche pour ce Crozes-Hermitage aux tanins soyeux. Un 100% Syrah issu des meilleures parcelles du Domaine où les vignes centenaires donnent un vin concentré et délicat.

Château la Mouline, un Bordeaux qui joue les déclinaisons

Cru bourgeois du Médoc, le Château la Mouline a entrepris sa modernisation avec un nouvel étiquetage et une gamme plus accessible comme son Totem, un vins sur la fraîcheur à boire dans sa jeunesse.

Jolie dégustation et belles découvertes, le picnic fut réussi.

La tonnellerie Vicard, techniques ancestrales et haute technologie

Sur invitation d’Olivier Dauga, wine maker Bordelais, j’ai visité aux côtés d’un groupe de viticulteurs et de journalistes la tonnellerie Vicard à Cognac. Je partage ici la découverte d’un savoir-faire qui mêle techniques ancestrales, travail de force et technologie de pointe. 

Jean-Charles Vicard, Catherine et Olivier Dauga et les visiteurs du jour

Le parcours commence en extérieur où sont exposés des empilements de bois brut appelés merrains qui subissent un vieillissement naturel par lessivage et exposition au soleil.  La visite continue par les ateliers où les hommes s’affairent au rythme des marteaux et du roulement cadencés des barriques sur le sol.  

Le rôle de la barrique dans le produit vin

Avant d’entrer dans l’atelier, je rappelle que le bois peut être à la fois utilisé dans l’élaboration du vin et dans son élevage. Au départ, ce sont les grands contenants, les foudres et cuves qui sont en concurrence avec le béton où l’inox.

Puis dans la phase vieillissement des rouges, le bois domine tout en étant aujourd’hui challengé par le retour de l’amphore (en terre cuite, en grès) et l’arrivée des œufs en béton. Le choix du vigneron est conditionné par son style de vin et son aptitude à la garde. Le bois, matériel poreux permet une oxygénation des jus et par une lente osmose une tranfert de tannins et d’arômes. Les premiers donnent de la charpente et les seconds enrichissent le profil de saveurs originales. 

La place du bois a évolué au fil du temps mais rien ne semble avoir changé dans la fabrication de la barrique. On est toujours sur du chêne découpé en scierie, mise à la bonne taille sur site puis assemblé, cerclé et chauffé avant d’être poncé, cerclé définitivement et tatoué au nom de son futur propriétaire. 

La France occupe une place unique dans cette industrie en raison de la qualité de ses forêts centenaires dont la mythique Tronçais, un domaine de plus de 10 000 hectares imaginé par Colbert et connu de tous les amateurs de bons vins. Les arbres y poussent lentement et donnent des futs au grain très fin dont la qualité n’a pas d’égale en ce monde.

Du travail à l’ancienne, la tonnellerie Vicard a choisi d’en garder le meilleur, l’indispensable, mais d’ajouter partout où cela est possible une bonne dose de modernité. Jean-Charles Vicard, PDG du groupe et représentant la sixième génération aux commandes s’est penché sur les possibles axes d’amélioration. Il a mis au point et fait breveter de nouvelles techniques dans deux domaines essentiels : la sélection des douelles et la chauffe. 

La tonnellerie Vicard classifie ses stocks de bois selon selon leur taux de tanin

Le chêne, seule espèce utilisée en tonnellerie viticole

Bois noble et rare, le chêne est le seul arbre utilisé en tonnellerie en raison de ses capacités au bon vieillissement. (imperméabilité et bonne isolation thermique)

En France l’industrie s’approvisionne à 50% auprès de l’ONF qui gère une ressource rare et donc précieuse. Chaque année, l’organisme d’état décide d’un plan de coupe qu’elle communique aux professionnels qui viendront faire leur marché lors de ventes aux enchères selon le système du pli cacheté à un tour. Le plus offrant remporte la mise. 

La tonnellerie Vicard effectue 80% de ses achats sur ce marché et le reste auprès de propriétaires privées via les scieries indépendantes. Elle ajoute aussi des bois venus de l’Europe de l’Est. 

Les achats effectués, l’usage était de proposer aux domaines viticoles un produit issu de telle ou telle forêt. La maison Vicard travaille d’une façon totalement novatrice. Ici, on effectue un classement des bois selon sa charge en tannin et non plus son origine géographique. 

Le tri des bois selon leur richesse en tannin.

Une fois les bois mis en forme (coupe et scarification), ils sont analysés dans un spectomètre qui mesure leur teneur en ellagitanins, ces tanins hydrolysables qui une fois libérés dans le vin vont influer sur le goût, l’astringence et la couleur. Les douelles sont triées selon trois catégories :

  • Potentiel tannique bas 2000 à 4000 µg EGT ellagitanins/gramme de bois
  • Potantiel tannique moyen 4000 à 6000 µg EGT/g de bois
  • Potentiel tannique haut. 6000 à 8000 µg EGT/g de bois

Avec cette méthode, on quitte l’empirisme pour mettre la précision scientifique au service du client qui va pouvoir choisir avec encore plus de finesse son type de bois. On autorise aussi le mélange entre les provenances pour ne retenir que les qualités intrinsèques du chêne.

Une chauffe pilotée par ordinateur pour plus de régularité

En tonnellerie, on chauffe le bois pour le cintrer puis on le brûle une seconde fois. La cuisson, sorte de torréfaction, va apporter de la complexité au vin et des notes aromatiques nouvelles, vanillées, épicées, torréfiées, fumées … Dans une tonnellerie traditionnelle, on chauffe le tonneau par un brûleur à gaz contrôlé par un opérateur. Le travail est fait dans une pièce ouverte, soumise aux courants d’air qui peuvent perturber la flamme et donc l’uniformité du travail.

La maison Vicard, a totalement transformé cette étape par la mise en place d’une cuisson dans contact direct mais par rayonnement. La flamme est enfermée dans un tube en métal et le fut qui vient se positionner par dessus est lui aussi enfermé dans une sorte de four. 

Pour plus une précision optimale le temps et la température de cuisson sont piloté par ordinateur.

Chaque tonneau aura sa fiche technique de cuisson, une précieuse source d’information pour les commandes à venir. Ce processus permet une grande précision qui va autoriser une reproduction à l’identique.

Dans un blog qui parle de gastronomie, on pourrait rapprocher la méthode Vicard de la cuisine d’un restaurant étoilé.

En effet l’étoile Michelin récompense une cuisine de créateur servie par une maîtrise technique indiscutable, des cuissons parfaites et une régularité jamais prise en défaut. A chaque passage du guide, l’inspecteur vient constater le niveau de perfection des assiettes sorties. 

Le process mis en place à la tonnellerie Vicard permet de viser cette excellence, cette régularité dans un contexte de travail où la main de l’homme, le beau geste contribuent encore et toujours à fabriquer un produit de haute valeur artisanale, vecteur de luxe et qualité. 

Merci Olivier Dauga, le faiseur de vin, de nous avoir proposé cette visite de la tonnellerie Vicard. Demain, quand je lèverai mon verre, ce sera à la santé de ces hommes de l’ombre qui font le vin est bon. 

Les primeurs Biodyvin à Château Fonroque : mon carnet de Dégustation

Comme chaque année au printemps, les vignerons de Bordeaux présentent le nouveau millésime aux acheteurs et à la presse. Voici en partage les primeurs Biodyvin à Château Fonroque : mon carnet de dégustation en images. Et en bonus les toits de Saint Emilion.

Le cadre de la dégustation : Château Fonroque

Pour présenter leurs vins, les adhérents de Biodyvin se sont installés les 26 et 27 avril dans les bâtiments de Château Fonroque, Grand Cru Classé de Saint – Emilion. Ce fut l’occasion pour les visiteurs d’admirer le nouveau chai du domaine avec son alignement de cuve béton, un très beau travail signé du bureau architecture Gimbert Comme qui a aussi oeuvré à la rénovation de la chartreuse.

Une belle sélection de domaine bordelais

Parmi les 38 domaines présents à Château Fonroque, on comptait naturellement une majorité de vins d’Aquitaine. Voici mes préférés, une courte sélection car malheureusement, je n’ai pas pu tout tester.

Clos Puy Arnaud

Domaine emblématique des vins en biodynamie de la région en appellation Castillon Côtes de Bordeaux.

Thierry Valette, son propriétaire proposait la gamme complète du domaine en partant de sa cuvée bistrot jusqu’au Clos Puy Arnaud, le premier vin, petit bijou de raffinement.

Château Fonroque

Un très beau Saint Emilion, ample mais aux tanins déjà souples et élégants.

Grand Cru Classé de Saint Emilion

Précurseur pour le bio(certification en 2006) et la biodynamie . certification 2008

Château Gombaude Guillot

Un Pomerol décliné en version classique ou plus accessible avec le POM’N ROLL, vin nature élevé en amphore, fruité et facile à boire.

En plus du 2021, Château Gombaude proposait les 2017, 2018 et le magnifique 2016.

Primeurs à Château Fonroque : une sélection de vins d’ailleurs

la manifestation ouverte aux adhérents biodyvin extérieurs à la région bordelaise nous a permis de découvrir de nouveaux vignerons. J’ai testé d’excellents Alsace et remarqué

Domaine Jonathan Didier Pabiot

Vigneron de la Loire qui élève de jolis Sauvignon en parcellaires avec des vinifications adaptées à chaque cuvée.

Domaine Maravilhas

Soleil et Occitanie pour ces vins du Sud-Est. Le Domaine produit du Lirac, du Côte du Rhône Laudin et du Château-Neuf du Pape.

Que retenir de cette dégustation ? En premier, une bonne impression de ce millésime si difficile où la météo s’est acharnée contre les vignerons qui ont beaucoup souffert entre le gel d’avril et le mildiou de l’été. Ensuite la perception renouvelée de la qualité des vins en biodynamie, une méthode qui révèle le fruit. Alors Ce 2021, on en fera pas un vin de garde ( c’est pas grave les volumes sont minimes) mais on le boira avec plaisir.

Bordeaux Tasting 2021: dégustation géante des grands vins de Bordeaux

Le Bordeaux Tasting 2021, c’est une dégustation géante de grands Bordeaux organisée par le magazine Terre de Vins. Au programme de ce week-end : des rencontres entre professionnels et amateurs, des ateliers à thème et pour les plus chanceux, des Masterclass. Voici en partage émotions et images de ma journée du 11 décembre.

Bordeaux Tasting : une dégustation sous les ors du Palais de la Bourse

Les amoureux de ma ville en conviendront, le plaisir du Bordeaux Tasting commence dès l’entrée dans la salle de réception du Palais de la Bourse. La belle architecture classique, les grands volumes, le plafond éclairé en rose et l’escalier monumental qui mène aux étages supérieurs impressionnent et flattent l’oeil. Au premier, c’est un vrai bonheur de déambuler librement dans les salons aux boiseries plaqués d’or, à la décoration un rien vieillotte de portraits de notables et autres tapisseries à thème. On aime les parquets anciens, les lustres à pampilles, les cheminées de marbre et la vue sur le fleuve depuis les immenses fenêtres.

Un programme riche fait de rencontres, d’ateliers et de dégustation

  • Trois lieux, le Palais de la Bourse, l’église Saint Rémi et le Musée des Douanes
  • + 200 châteaux à déguster, 166 Bordeaux, 25 invités et 23 maisons de Champagne.
  • des ateliers découverte organisés par l’Ecole du Vin de Bordeaux.
  • Des Masterclass

Je vous conseille de réfléchir à votre parcours pour ne rien manquer d’essentiel. Il y a tant à faire qu’une journée c’est un peu court. J’ai l’habitue de préparer ma visite. Je vous donne ici les informations pour faire de même : http://lemeilleurdebordeaux.fr/bordeaux-tasting-2019-mes-conseils-pour-organiser-vos-degustations/

Bordeaux Tasting 2021 : les coups de coeur de Sophie Juby

Soyons honnête, le choix est si vaste qu’il est humainement impossible de tout tester. Depuis le temps que je fréquente l’évènement, je me suis construit mon référentiel, un sorte de cave idéale. Dans la mienne, il y a les trois Bordeaux que je vous présente ici auquel j’ajouterai bien un champagne découvert ici, celui du domaine

Mes coups de coeur au Bordeaux Tasting

  • 🍾 Le Champagne Telmont. Blanc de Noirs 2014 58€. Frais, craquant et peu dosé (3,4 Gr/l). 61% pinot noir et 39% pinot meunier. domaine certifié bio en 2021. Un champagne novateur et engagé avec son étiquette qui raconte le vin en toute transparence.
  • 🍇 Le Blanc de Fourcas Hosten 25€, un vin élégant produit à Listrac Médoc. 67% Sauvignon blanc, 18% Sauvignon gris et 15% sémillon. En bio depuis…
  • 🍷 Château Prieuré Lichine. 45€ . Un Margaux velours en bouche. 65% cabernet sauvignon, 30% merlot et 5% petit verdot
  • 🍷 Château de la Dauphine 2016 , un très joli Fronsac produit en Biodynamie. 90% de Merlot 10% de Cabernet Franc. Des arômes de fruits rouge et beaucoup de fraîcheur.
  • 🍷Château Clinet 2018, 130€ un merveilleux Pomerol, une caresse gourmande. 85% merlot et 15% cabernet sauvignon

Bordeaux Tasting 2021 , le programme des 11 et 12 décembre

Les 11 et 12 décembre, le magazine Terre de Vins donne RDV aux amateurs de grands Bordeaux au palais de la Bourse avec le Bordeaux Tasting. Cette année nous fêterons les 10 ans de ce bel évènement. La fête sera un peu chamboulée par la maudite pandémie mais soyez sans crainte, tout sera mis en oeuvre pour préserver la santé de tous. Sylvie Tonnaire, rédactrice en chef du magazine, nous promet un très joli millésime porté par un programme aussi riche que varié.

Alors je vous recommande de réserver vos entrées. Et pour vous aider, je vous donne les infos clés en suivant:

Le Bordeaux Tasting au Palais de la Bourse, 700 vins en dégustation

Bordeaux Tasting 11 & 12 décembre 2021 : ce qu’il faut savoir

  • Bordeaux Tasting : Le concept. Bordeaux Tasting, c’est une RDV donné chaque année aux amateurs de Bordeaux et autres vins. Le magazine Terre de Vins offre au grand public une occasion unique de déguster en toute liberté 700 vins .
  • Les Horaires : Samedi 11 décembre de 10h à 18h30. Dimanche 12 décembre de 10h à 18h.
  • Les sites : le Palais de la Bourse, Eglise Saint Rémi (champagnes), le Musée des Douanes (vins)
  • Bordeaux Tasting : les Masterclass. En parallèle des dégustions libres et sur réservation uniquement, Terre de Vins organise des conférences dégustation à thème les Masterclass. Le programme est disponible sur le site du magazine. Allez y faire un tour et choisissez en conscience entre :
un voyage autour de quatre millésimes du Château Montrose, la découverte des secrets des Châteaux La Fleur-Pétrus et Bélair-Monange, une dégustation de Grands Crus Classés de Saint-Émilion et autres Bordeaux de légende… ou une expérience avec Riedel, entreprise spécialisée dans la fabrication du verre et de verres à vin en cristal qui propose une master class pour comprendre l’importance de la forme des verres sur le goût et le nez des vins.
  • Les autres animations : les ateliers de l’Ecole du Vin de Bordeaux ( je vous en ai parlé sur le site http://lemeilleurdebordeaux.fr/les-ateliers-degustation-de-lecole-du-vin-de-bordeaux/
    • 11:00 ou 11:45 Wine’s up – format d’atelier ludique pour jouer sur le thème du vin
    • 12:30 Accords de fête
    • 16:15 Bordeaux Playlist – blind test musical lié aux goûts du vin
    • 17:45 Bordeaux Tonic pour créer des cocktails à base de vin de Bordeaux
  • Le café de la Bourse, un programme d’interviews et de rencontres :
    • Samedi13h-13h45 : Pierre Hurmic, Maire de Bordeaux 
    • 15h-15h30 : Matthieu Potin (meilleur caviste de France)
    • Dimanche(12h15-13h30 : brunch des sommeliers)
    • 14h15 : Émile Coddens, vigneron star de TikTok17h : Christophe Urios, président du club de rugby de l’UBB et propriétaire du Château Pépusque

Retour en images sur le Bordeaux Tasting des années passées

Les Masterclass pour aller plus loin et rencontrer les acteurs du monde du vin.
Le Champagne ( ici la star Roederer ) bien représenté au Bordeaux Tasting

Saké Japonais et terroirs, fantasme ou réalité ?

Saké Japonais et terroir, deux notions compatibles ? Chloé Cazaux Grandpierre, saké sommelière et guide touristique en Bordelais s’est penchée sur la thématique. Je partage ici les points forts de sa réflexion développés lors d’une master class suivie d’une magnifique dégustation de 60 sakés Japonais organisée par Akihisa Kajigaya.

Dégustation de 60 sakés de terroir
Akihisa Kajigaya et Chloé Cazaux Grandpierre, saké sommelière

La fabrication du saké japonais

Le saké japonais est une boisson alcoolisée – titrant environ 15° – à base de riz fermenté de variété Japonica. Son histoire accompagne celle de la céréale importée de Chine au IIIe.

Le process de fabrication.

La méthode traditionnelle : fermentation spontanée de riz préalablement mastiqué. Connue depuis l’antiquité, la fermentation est le changement d’état du glucose contenu dans les aliments en alcool, ceci sous l’action de micro-organismes, enzymes et levures. Le riz est une céréale composée à 70 % d’amidon mais celui-ci n’est pas fermentescible en l’état. En effet, l’amidon est un glucide complexe dont les molécules doivent être cassées et transformées en sucres simples capables eux de produire de l’alcool. Cette opération s’appelle la saccharification. La technique ancestrale est connue des premiers hommes, c’est la mastication. La salive contient une amylase qui opère le changement d’état. Au Japon, la mastication était réalisée par des jeunes filles lors de cérémonies rituelles. Ensuite, le riz mâché fermentait de façon spontanée et naturelle.

La méthode moderne : fermentation dirigée avec l’aide d’un starter et de levures ajoutées. Au Ve , les chinois ont découvert les levures, la saccharisation du riz par un champignon et mis au point de nouvelles pratiques toujours en vigueur dans les brasseries artisanales. Une partie des grains sont ensemencés par un champignon microscopique qui initie la transformation bio-chimique de l’amidon. La préparation est ensuite travaillée pendant deux semaines avec de l’eau et du riz de façon à obtenir ce qu’en viticulture on appelle un pied de cuve ( qui sert à faire partir le fermentation des moûts). Ce shubo est ensuite incorporé par étape au riz préalablement cuit à la vapeur. Et là commence le process de fermentation qui au final donnera le saké.

Voici les principales étapes du processus complet de fabrication du saké :

  • polissage du riz. On débarrasse le grain de sa couche externe trop riche en protéines qui altèrent le goût su saké.
  • lavage, trempage et cuisson à la vapeur
  • Fabrication du Koji : mise en culture de 20% du riz avec un champignon l’aspergillus orysae capable de dégrader l’amidon.
  • Préparation du shubo (sorte de pied de cuve) avec du Koji, du riz, des levures et de l’eau. 2 semaines
  • Fermentation alcoolique du riz pendant 3 à 4 semaines
  • Extraction du jus (égouttage) pour obtenir le saké
  • clarification du jus en deux étapes par filtration et sédimentation. Les lies sont séparéses du jus par simple gravitation.
  • pasteurisation à 60°.
  • mise en bouteille
  • Repos pendant 6 à 12 mois.

La méthode n’est pas sans rappeler celui de la vinification du raisin. Et quitte à partir dans les comparaisons, pourquoi ne pas aborder la question qui fait vibrer le monde du vin : celle des terroirs.

Pourqu parler de terroirs Sakés Japonais ?

La notion de terroir, si chère au monde du vin s’applique-t-elle au saké japonais ? Chloé Cazaux Grandpierre nous montre que l’idée du terroir, inconnue jusqu’alors, émerge et prend tout son sens dans le Japon du XXI siècle.

Et d’abord, qu’entend-on par le mot terroir ?

« Un Terroir est un espace géographique délimité défini à partir d’une communauté humaine qui construit au cours de son histoire un ensemble de traits culturels distinctifs, de savoirs et de pratiques, fondés sur un système d’interactions entre le milieu naturel et les facteurs humains. Les savoir-faire mis en jeu révèlent une originalité, confèrent une typicité et permettent une reconnaissance pour les produits ou services originaires de cet espace et donc pour les hommes qui y vivent. Les terroirs sont des espaces vivants et innovants qui ne peuvent être assimilés à la seule tradition ».

(INRA-INAO-UNESCO1, 2005).

De cette définition, il ressort deux données essentielles : la géographie et les pratiques humaines, le savoir-faire.

Qu’en est-il côté Saké ?

La géographie du Saké

A l’origine les brasseries se sont installées au sud du pays, une région au climat sub tropical propice à la croissance du riz. La mise au point de variétés résistantes au froid a permis d’étendre la culture du Kansaï au nord de l’archipel et donc la production de saké japonais. Aujourd’hui, on produit donc du saké dans de multiples régions.

Chacune possède ses caractéristiques identitaires, une association unique entre un type de sol et un climat donné. On pourrait donc penser que les sakés japonais sont fortement marqués par leur origine. Et quand on sait que l’eau est la composante principale du Saké – à hauteur de 80 %- , on pourrait penser que le vin de riz représente son terroir.

L’obstacle majeure à un marqueur régional fut longtemps lié à la séparation entre la production du riz et celle du saké. Les brasseries, au contraire du monde du vin, sont rarement propriétaires des rizières et rien n’empêche de fabriquer du saké à partir de riz acheté loin de la brasserie et même à partir de riz venu d’autres pays. L’essor des transports a encouragé les échanges et aussi la perte d’identité.

Le Saké a aussi pâti d’une forte industrialisation au XXe. Produit devenu banal et manquant de personnalité, il a vu petit à petit sa consommation diminuer au point de devenir marginal chez les jeunes. Aujourd’hui, la boisson populaire au Japon, c’est la bière.

Le saké de terroir, une demande venue de l’étranger

Face à la désaffection de leur marché local, les brasseurs japonais ont regardé avec plus d’attention les attentes de leur clientèle étrangère. Aux USA et dans le reste du monde, le vin de riz est porté par une envie d’exotisme et de nouveauté mais aussi de produits à forte identité.

C’est en partie pour répondre à cette nouvelle demande qu’un certains nombres de producteurs se sont penchés sur la notion de terroir et la valorisation de leur savoir-faire.

Les différents terroirs de saké

Si la notion de terroir de saké peut prendre tout son sens, c’est que le vin de riz est composée à 80% d’eau. Sa dureté ou sa douceur, sa charge en minéraux vont donner des vins différents, des sakés avec texture et mâche ou des sakés fins et rafraîchissants.

La qualité du riz est le second éléments qui singularise le produit. Les Sakés sont géographiquement marqués quand le brasseur achète son riz localement.

Et enfin, les pratiques sont fortement liées au chef de cave, le Tôji . La conduite de la fermentation demande beaucoup de savoir-faire. Dans les brasseries artisanales, les cuves ne sont pas thermo-régulées, la température si importante pour la vie des levures, est contrôlée par des moyens simples. L’expérience, la précision de la main de l’homme apportent un supplément d’âme aux sakés premiums. Les maîtres brasseurs sont organisés en guildes qui donnent leur style particuliers. La plus classique est celle de Nanbu qui rassemble 1/3 des Tôjis.

Qualité de l’eau, du riz et présence d’un savoir-faire local, trois éléments fondamentaux du concept de terroirs sont bien présents dans le saké. Pour installer la notion, il ne manquait que les IGP, l’histoire est en marche.

L’émergence des IG, les indications géographiques.

Fait assez remarquable dans un pays de grandes traditions culinaires, les indications géographiques protégées n’existait pas au Japon avant le XXIe.

Il faut attendre 2015 pour que soit crée un système de protection des produits similaire à celui que nous connaissons en France ou en Europe avec les IGP.

En ce domaine, les producteurs de saké ont joué les précurseurs puisque dès 1997, le département de Niigata a crée un label estampillant les alcools produits localement. Leur initiative a fait des émules, de nouvelles préfectures mettent en place leur certification d’origine.

  • 2002 : Nagano
  • 2004 : Saga
  • 2005 : Hakusan – région de montagnes
  • 2015 : Nihonshu
  • 2016 : Yamagata- certification IG
  • 2018 : Nagagogo IG
  • 2020 : Harima et Mie IG
  • 2021 : Tone Numata

Chacune des régions établit son propre cahier des charges pour valoriser le lien entre origine et qualité de leurs sakés. L’obligation minimale est d’utiliser une eau de région. Pour le reste, la culture du riz, l’usage de pesticides, le contrôle des rendements ou la liste des additifs autorisés, il n’existe pas de règles écrites.

Le consommateur non averti devra donc trouver des guides pour entrer dans le monde méconnu du saké japonais. A Bordeaux nous avons la chance d’avoir Chloé Cazaux Grandpierre. Je vous invite à aller voir son site si vous aussi vous souhaitez en savoir un peu plus sur le sujet. https://www.otsukimi.fr

En attendant, voici mon retour d’expérience sur une belle dégustation.

Comment déguster le saké japonais ?

Une fois posée la notion de terroirs de saké, il devient plus facile de procéder à la dégustation. Très simplement, le saké peut se découvrir par région de production. C’était l’idée d’Akihisa Kajigaya dans sa proposition du 13 février dernier. Il a proposé une approche par territoires.

Ensuite, Chloé Cazaux Grandpierre nous conseille de procéder comme pour le vin en suivant le déroulé classique :

En premier, l’examen visuel pour apprécier les nuances de couleurs. Ensuite, l’examen olfactif dans l’objectif de déceler l’intensité et la qualité des arômes . Enfin, l’examen gustatif qui révèle les piliers du vin : l’acidité, l’alcool mais aussi la structure (partie souple et partie dure, harmonie) et enfin la longueur en bouche, la persistance aromatique.

Dans la dégustation, une distinction par le type de saké peut aider. On cherchera à connaître par avance le type de boisson en écartant à priori les boissons ordinaires, les Futsûshu.

L’étiquette nous renseigne et nous dit si le saké ne contient que du riz fermenté, saké pur riz, un Junmaï ou si on a ajouté un alcool de distillation comme pour les HonJôzô. D’autres mentions peuvent éclairer le néophyte sur la qualité du polissage du riz, la filtration ou la non dilution avec de l’eau comme c’est généralement l’usage pour faire baisser le niveau d’alcool.

Pour ceux qui débutent en matière de saké, il y a beaucoup à comprendre tant le saké est éloigné de notre référentiel en matière de boissons alcoolisées. Un monde inconnu et fascinant s’offre aux amateurs de nouvelles sensations.

Le retour au terroir, l’avenir du saké japonais.

Pour conclure, je dirai que les notions de saké et de terroirs sont loin d’être des fantasmes pour maniaques obsédés par les catégories et les classements. Elles répondent à une évolution récente et passionnante du marché des sakés vers un retour aux productions artisanales de qualité. En renouant avec les traditions et le savoir-faire des anciens, les japonais remettent en avant des sakés premiums qui font le bonheur d’une nouvelle clientèle cosmopolite, curieuse et avide de Good Food.

Journées Loupiac et Foie gras 2020

En Aquitaine, on est des vaillants. Pandémie ou pas, les Journées Loupiac et Foie Gras se tiendront les 28 et 29 novembre. Tout est calé, les vignerons ont tout organisé pour leur rendez-vous annuel avec leur public.

Gaillards mais pas fanfarons, Ils vont respecter les directives gouvernementales. Le marché de Noël se tiendra en extérieur sous une forme adaptée aux circonstances.

Un marché en Click n Collect sans limite de KM

Dans leur nouvelle forme, les journées Loupiac et Foie Gras rentrent dans la case : Click n Collect. Si vous habitez Bordeaux, Arcachon ou Royan, vous êtes autorisé à récupérer vos commandes sans limite de kilométrage.

Vous devez simplement vous munir de votre attestation et de votre bon de commande. Ici le message officiel :

toute personne rejoignant le drive Loupiac et Foie Gras  doit être munie de deux documents, son attestation de déplacement pour effectuer des achats de première nécessité, et un formulaire de pré-commande justifiant qu’un achat préalable a été effectué sur le site du drive fermier (http://www.vins-loupiac.com/category/actualites/) ou directement sur le site de l’un des  18 vignerons de Loupiac ou fermiers landais participant à ce rendez-vous 100% Sud Ouest…. et ceci quelle que soit la distance que le consommateur doit parcourir pour venir collecter ses achats.

Le programme des journée Loupiac 2020

Loupiac et Foie Gras 2020, les infos :

  • 18 domaines de l’appellation sont ouverts au public pour un moment de partage autour du vin d’or. Echange avec les vignerons dans le respect des gestes barrières.
  • Chaque propriété est associée avec un producteur de canard gras. En direct de la Ferme, vous pourrez acheter : foie gras, rillettes, magrets et tous les autres produits habituellement vendus lors de ces journées.
  • Pas de dégustation cette année ni de restauration sur place.

Préparer sa visite

Pour fluidifier le traffic, les producteurs vous proposent de prendre RDV dans un créneau donné. Réservez votre passage en allant sur le site des Loupiac et en cliquant sur le nom de la propriété de votre choix.

Vous aussi faire une pré-commande avec paiement sur place à la livraison.

Le Loupiac, un petit Sauternes ?

Loupiac et Sauternes, les deux appellations ont beaucoup en commun. Je citerai:

  • la proximité géographique, les terroirs similaires
  • 1936 , même date de création de l’AOC
  • les mêmes cépages présents dans le vins Sémillon à 80%, Sauvignon et muscadelle pour la note aromatique.
  • de grandes exigences en matière de cahier des charges. 
  • Loupiac, Cadillac et Saint Croix Du Mont pour la rive droite, Cérons, Barsac et Sauternes pour la Rive gauche de la Garonne forment les Six appellations produisant en France des liquoreux à partir de raisins botrytisés c.a.d gagnés par la pourriture noble qui permet la concentration en sucre.

On est bien d’accord, des divergences existent. Je n’oublie pas que le Ciron, la rivière aux brumes automnales, ne traverse que le Sauternais. J’ajoute que les rendements autorisés en Sauternes sont beaucoup plus faibles : 28 hectolitres par hectare pour 44 en Loupiac.

Cela fait de notre Loupiac un vin plaisir, plus accessible que son prestigieux voisins. Il fera merveille sur vos tables de Noël. Y’a plus qu’à réserver .

Les Journées Loupiac et Foie gras 2020, on va y aller.

Les Bordeaux blancs des grands rouges : micro-cuvées et excellence.

Si le Médoc, Saint Emilion et Bordeaux vous parlent en rouge, il ne faut pas oublier ses autres facettes. Le vignoble, aujourd’hui à majorité planté en Cabernet et Merlot, était réputé autrefois pour ses cépages blancs. Délaissé par certaines appellations (à l’exception des Pessac-Léognan, des graves et des liquoreux), le blanc revient sous forme de petites productions dans les grands domaines. Ces micro-cuvées bénéficient des meilleurs soins. On aime leur élégance et leur aptitude à sublimer la cuisine contemporaine plus végétale et moins carnée.

Le Blanc, domaine d’expérimentation

Les bonnes pratiques, l’agriculture biologique s’installent dans nos vignes. En Bordelais, la conversion est souvent freinée par la taille des domaines. Quand on travaille sur 60 hectares, les enjeux financiers et techniques sont colossaux. Le passage en bio signifie d’abord une perte de rendement, des besoins supplémentaires en main d’ oeuvre avec l’augmentation des travaux à la vigne et donc un surcoût. Et surtout, il y a l’apprentissage de nouvelles techniques, de nouveaux réflexes. C’est un long chemin qui se fait souvent par étapes.

Ici l’exemple Château Palmer : http://lemeilleurdebordeaux.fr/__trashed-4/

Certaines propriétés, comme Fourcas Hosten ont fait du Blanc, leur terrain d’expérimentation. En 2012, On y plante 2 hectares en blanc en s’appuyant sur les résultats d’une cartographie du sol réalisée en 2010. Il y aura quatre parcelles : « Renaud » et « Laurent » en Sauvignon blanc, une « Nicolas » en Sauvignon gris et une seconde « Nicolas » en Sémillon. Chacune de ces parcelles a 1 à 3 porte-greffes différents en adéquation avec le sol (profondeur, nature, vigueur…) et le cépage. L’ensemble est cultivé en agriculture biologique dès l’origine. Ce sera un projet fédérateur pour l’équipe rassemblée autour de sa directrice technique Caroline Arthaud. Ces deux hectares permettent de tester des nouveaux process, de se familiariser avec la culture en bio, de changer de référentiel sans brutalité. La réussite du projet a permis d’étendre la conversion à tout le domaine.

Culture et vinification haute couture

Les petites cuvées bénéficient de soins tout particuliers. Vendanges manuelles, élevages en fut de chêne, bâtonnage quotidien (action d’agiter le vin avec une baguette pour mettre en suspension les lies), rien n’est trop beau pour ces précieuses. Les équipes techniques cherchent, innovent pour produire le meilleur.

Dans les châteaux, on chérit aussi le blanc pour sa place dans le calendrier. Les cépages blancs arrivent à maturité en premier, entre fin août et début septembre. Ils donnent le top départ des vendanges et du millésime.

Grands Blanc de Bordeaux, la short list de Sophie Juby

Fan de vin blanc, j’aime associer ceux de Bordeaux à ma cuisine. Les plats végétariens et les poissons du bassin d’Arcachon affectionnent les Bordeaux. Pour un repas de fête, pour vos repas entre amis, voici mes Blancs paillettes.

Château de la Dauphine : La Dauphine blanc 2019

En 2016, le Château de la Dauphine, domaine du Libournais en AOP Fronsac, s’agrandit de 16 hectares par rachat de vignes. Les nouvelles parcelles font l’objet d’une analyse de sol qui révèle un potentiel pour du blanc sur 1 hectare de plateau calcaire. C’est l’occasion de répondre au souhait du propriétaire d’avoir une gamme complète. En conjuguant Le Château de la Dauphine sur les trois couleurs de rouge, rosé et blanc, le domaine entend satisfaire une clientèle internationale.

Le Blanc de la Dauphine bénéficie des mêmes pratiques, du même mode de culture en biodynamie que le rouge. Choyé à la vigne, il est aussi très entouré par les commerciaux. Le flacon, l’étiquette témoignent de choix stratégiques porteurs de sens. On sort de l’univers du Bordeaux classique pour aller vers les Bourgognes, la référence en matière de blanc. Côté vinification, on est parti sur un partage entre la cuve inox et la barrique de chêne pour moitié. Le passage à l’amphore est à l’étude pour ce jeune vin qui trace sa route vers l’excellence.

A la dégustation, le vin porte la signature La Dauphine, fraîcheur et délicatesse. Parfait pour un apéritif en été. Il serait aussi très à l’aise sur nos tables de fêtes. Malheureusement, ce petit dauphin (500 bouteilles) est déjà épuisé. Nous devrons patienter jusqu’au mois d’avril prochain pour le 2020. Un Blanc de la Dauphine pour accompagner notre agneau de Pâques, j’aime assez l’idée.

La Dauphine Blanc 2019,

75 % Sauvignon – 25 % Sémillon – Vendanges manuelles, pressurage pneumatique, élevage 1/2 cuves inox et 1/2 en barrique de chêne. Prix 25€ la bouteille.

Château de la Dauphine vous accueille 7/7 en 2020

Château de la Dauphine, AOP Fronsac

📪 : Rue Poitevine, 33 126 Fronsac.

🏰 ☎️ 🏰 : visite sur RDV – 05 57 74 06 61

🍷🍇 🍷 53 hectares de vigne. 50 hectares pour le rouge, 2 ha en rosé et 0,8 en blanc.

🍇 👩🏻‍🌾 🌿 certifié AB en 2015


Château Fourcas Hosten, le Blanc 2019

Le 2019 est le sixième millésime en Blanc chez Fourcas Hosten. Le vin a trouvé son équilibre. Raffiné, subtil mais avec une belle personnalité, le 2019 nous séduit par sa longueur en bouche. et pour avoir eu la chance de déguster les millésimes antérieurs, je dirai que ce Bordeaux a suffisamment de caractère pour bien vieillir.

Château Fourcas Hosten, AOC Listrac Médoc

📪 : 5 rue Odile Redon, 33480 Listrac Médoc

🏰 ☎️ 🏰 : visite sur RDV – 05 56 58 01 15

🍷🍇 🍷 5O hectares de vigne. 40 hectares en production pour le rouge, 2,2 ha en blanc.

🍇 👩🏻‍🌾 🌿 certifié AB en 2020 pour le blanc, 2021 pour le rouge


Le Blanc de Palmer, une cuvée secrète

Emblématique figure de Margaux, le Château Palmer s’est lancé dans une production confidentielle de Blanc. La découverte en cave de deux bouteilles datées de 1925 a donné l’envie de renouer avec une tradition du Médoc. Dans le passé, les domaines travaillaient souvent une parcelle en Blanc pour leur consommation personnelle.

Quand Thomas Duroux se transforme en Scherlock Holmes de l’ampélographie.

Thomas Duroux, directeur de Château Palmer, est aussi féru d’ampélographie la science des cépages et de la vigne. Dès l’origine du projet Blanc, Il met sa passion au service de Château Palmer. Il va se lancer dans une enquête à la Scherlock Holmes pour construire un encépagement unique inscrit dans son terroir et dans l’histoire. Ses recherches le conduisent à planter, dans les années 2 000, trois variétés :

  • La Muscadelle. Un cépage blanc historiquement présent dans le Bordelais. Celui de Palmer vient d’une sélection massale effectuée sur de vieilles parcelles du Domaine Plageoles à Gaillac. Ce cépage aromatique va apporter ses parfums, ses notes florales.
  • Le Lauzet. L’idée en revient à Pierre Galet, célèbre universitaire et référence absolue en ampélographie. Le Lauzet donne de la structure, de l’acidité. L’équipe de Château Palmer est allé en Jurançon retrouver ce cépage oublié.
  • Le Sauvignon gris. Un cépage ancien, moins productif mais plus aromatique que le Sauvignon Blanc avec des parfums d’exotisme. C’est la note épicée du Palmer Blanc.

Les premières bouteilles sortent en 2007. Elles ne sont pas ou peu commercialisées. Depuis, la production reste modeste, environ 2 000 bouteilles/an. On les trouve à la table des propriétaires du Grand Cru, des clients de Palmer et dans quelques adresses de prestige. Le Vin Blanc de Palmer a très naturellement trouvé sa place à la Maison Bras. Il existe des connections fortes entre le grand Margaux et Sébastien Bras.

J’imagine aisément l’accord parfait entre le Gargouillou de la Maison Bras, l’archétype de la cuisine végétale d’excellence et le Vin Blanc de Palmer.

Le Vin Blanc de Palmer, un authentique Bordeaux

Si le Vin Blanc de Palmer ne porte pas les couleurs de Bordeaux, il en a pourtant les origines (des cépages locaux) et une caractéristique forte, c’est un vin d’assemblage. Il se compose d’une majorité de Muscadelle, de 35% de Lauzet et le reste en Sauvignon gris.

Une Vinification à la Bourguignonne.

Dans les vignes, Le Blanc bénéficie des meilleurs soins, de préparations biodynamiques et d’une culture selon le calendrier lunaire. Mais jusqu’ici, rien de différent de son illustre grand frère rouge.

Au chai, il sera traité avec d’infinies précautions. La vinification s’inspire des méthodes Bourguignonnes. La vendange faite manuellement est stockée une journée en chambre froide pour descendre à la température de 5°C. La pressurisation se fait sélective. Seuls les premiers jus, les premières presses, les plus claires, seront conservés. La vinification et l’élevage se font en foudre de 1200 litres, d’un bois ancien pour qu’il ne marque pas. Peu interventionnistes, Thomas Duroux et sa directrice technique Sabrina Pernet cherchent la précision et la minéralité. Ils utilisent peu de sulfites, en début de cycle pour protéger la vendange contre les bactéries et éviter une fermentation malo lactique, puis à la mise toujours à faible dose.

Au final, on obtient un très grand vin dont le potentiel de garde semble tutoyer celui des Bourgognes.

J’ai eu la chance de goûter cette merveille de délicatesse. J’ai le souvenir d’une table de fête, de jolie vaisselle et de plats exquis. Il a le goût du bonheur, difficile de le décrire.

Thomas Duroux en parle mieux que moi. Le Vin Blanc de Palmer, selon lui, c’est :

Un vin d’équilibre, fin, frais et qui a de la profondeur.

Un vin aromatique sur des palettes subtiles, des arômes de fruits blancs, de pêche, de poire.

Un vin vivant. Il peut s’endormir au bout de trois, quatre ans puis retrouver une nouvelle personnalité et des notes épicées.

Thomas Duroux,

Château Palmer, Troisième Grand Cru Classé 1855.

📪 : 33 460 Margaux.

🏰 ☎️ 🏰 : visite privée uniquement – 05 57 88 72 72

🍷🍇 🍷 66 hectares de vigne. 50 hectares pour le rouge, 1 ha blanc.

🍇 👩🏻‍🌾 🌿 certifié Demeter en 2018. Agriculture Bio et bio dynamique

La Remontada des Bordeaux

Les Bordeaux font leur Remontada. L’expression n’est pas de moi mais d’un chroniqueur de François Régis Baudry dans “On va déguster“. C’était en septembre lors d’une émission sur les Bordeaux. On y parlait de nouvelles pratiques et de pépites. Quel bonheur d’entendre des journalistes positiver le Bordeaux. Nos vins ont changé depuis depuis l’ère de l’agro-chimie des années 80. A Paris, on l’a compris et on a envie de les redécouvrir. Les Blancs méritent une place à notre table, à côté des Champagnes, des Chablis et autres Bourgognes. C’est bientôt Noël. On va se régaler d’une cuisine de fête. Elle fait la part belle aux volailles dodues, aux salines huîtres du Bassin d’Arcachon, aux belles Marennes. Je vous recommande un joli Bordeaux Blanc pour les accompagner.

Les vendanges en Bordeaux blanc

Une journée au Château Fourcas Hosten

Comment fait-on un grand vin blanc ?

Que devient le raisin une fois coupé ?

Tri, égrappage, foulage, macération puis fermentations sont les étapes de la vinification d’un rouge.

Mais en Blanc ?

Le process est tout à fait différent. J’ai eu la chance d’accompagner l’équipe du Château Fourcas Hosten tout au long d’une journée de septembre. Voici mon retour sur les vendanges en Bordeaux blanc.

Le Château Fourcas Hosten, 50 hectares en Listrac Médoc.

Nous sommes au sud du Médoc entre Moulis et Saint Julien. A 43 mètres d’altitude, nous atteignons le toit du Médoc, position enviable et sol partagé entre des croupes gravières et un plateau calcaire. Ici la vigne bénéficie de la fraîcheur d’un climat océanique. La chaleur des étés est tempérée par les vents d’ouest et la proximité de la forêt régulatrice. Sols et climat font de Listrac un terroir propice à la vigne.

Le Château Fourcas Hosten est une propriété emblématique de l’appellation. Sa Chartreuse à la belle façade classique jouxte l’église du village. Le domaine appartient depuis 2006 aux frères Laurent et Renaud Momméja. Je vous le présentais en 2018.

http://lemeilleurdebordeaux.fr/visite-du-chateau-fourcas-hosten-appellation-listrac-medoc/.

Depuis cette visite, le Château Fourcas Hosten a continué sa transformation. On restructure toujours, on rajeunit le vignoble (42 hectares plantés, 6 en réserve). Grâce à une analyse plus fine de la géologie, une cartographie des sols, certaines parcelles sont replantées avec des cépages plus adaptés. On abandonne la philosophie productiviste des années 70 – 80 pour une recherche de qualité optimale.

On densifie les plantations pour forcer la vigne à aller chercher plus en profondeur eau et nutriments. Elle sera plus résistante à la sécheresse et plus en osmose avec son lieu. En parallèle, on installe le bio sur les rouges et on commence la biodynamie comme méthode culturale.

Un bâtiment dédié aux préparations, une tisanerie est en cours de construction. La certification Ecocert du vin est prévue pour le millésime 2020 en blanc et 2021 en rouge. Les vendanges à venir ont donc une symbolique toute particulière.

Enfin depuis le printemps 2020, Eloi Jacob a été nommé la direction générale et technique du domaine. Ingénieur de l’ENITA de Bordeaux, il a toujours travaillé en Bordelais . Il arrive de Château Fonplégade à Saint Emilion. Il a passé dix ans comme directeur technique puis directeur général dans un domaine qu’il a accompagné vers la certification bio (2013) et la biodynamie.

Les vendanges

Le choix de la date des vendanges

Les anciens comptaient 100 jours après la floraison. Il ne dérogeaient pas à la date fixée. Les impératifs des domaines en polyculture, la main-d’œuvre rassemblée (autrefois logée et nourrie sur la propriété) passaient avant la recherche de la maturité optimale.

Aujourd’hui, c’est différent. Le raisin décide. La date des vendanges se décide en fonction d’analyses biologiques et d’observations in situ. On surveille le rapport sucre/acidité tout en gardant un œil sur l’état sanitaire des raisins.

En 2020, un bel été indien a permis de retarder la cueillette sans mettre en danger le fruit. Dès que le taux de sucre souhaité a été atteint, l’équipe s’est mis dans les starting-blocks. Ils étaient tous prêt à démarrer mais se sont donnés 4 jours supplémentaires pour laisser les arômes atteindrent leur apogée. 

Au final la date du 7 septembre a été retenue pour le Blanc. Les vendanges ont commencé sans précipitation. La coupe s’est d’abord limité à des demi-rangs sur des portions de parcelles. Les hommes ont travaillé quelques heures.

Chez Fourcas Hosten, on pratique la vinification en parcellaire donc pour le Blanc on va aller dans la précision, dans le micro parcellaire. On travaille à l’échelle des 2,2 hectares du Blanc. On isole dans la parcelle certains endroits et on ramasse la quantité nécessaire pour remplir une presse et des multiples.

Qui sont les vendangeurs ? 

Les saisonniers sont des locaux. 

Le travail en demi parcelle est possible pour le Blanc de Fourcas Hosten en raison de la composition de l’équipe : 7 permanents dans les vignes, 8 saisonniers dont une majorité de fidèles qui reviennent chaque année.  6 à 10 mois/an, ces hommes et ces femmes participent aux travaux de la vigne : taille, épamprage …

Xavier, le chef de culture, connait parfaitement son équipe. Il organise le travail en tenant compte des forces et faiblesses de chacun. Comme dans la majorité des vignobles, on constate une division sexuée du travail. Les travaux viticoles sont souvent spécialisés en genre.

Traditionnellement reviennent aux hommes les travaux les plus physiques (la plantation des piquets, la taille) les plus nobles ( la conduite du tracteur) et aux femmes les travaux minutieux comme l’épamprage, le relevage. Pendant les vendanges, les équipes sont totalement mixtes même si le porteur est toujours un homme.

Une partie de l’équipe vendange :

Jean-louis 35 ans de présence, connait le vignoble cep par cep.

Eloi Jacob, nouveau directeur du Château Fourcas Hosten et Xavier Bruyez, chef de culture depuis 2005

Remarque : Pour les vendanges du rouge, l’équipe sera d’environ 30 personnes dans les vignes et 10 au chai sans trop de problème de recrutement. Le bio est un atout pour fidéliser la main-d’œuvre. 

La vendange 

Invitée à dormir au Château pour être sur place au lever du jour, je me suis réveillée à l’aube. Depuis ma chambre de princesse dans la tour de la Chartreuse, je voyais les premières lueurs du soleil sur le vignoble. A six heures, le calme régnait sur Fourcas Hosten.

Nous avons pris le petit déjeuner dans la cuisine entre la magnifique cuisinière AGA et l’imposant vaisselier, véritable coffre aux trésors pour les fans d’art de la table. Puis nous avons rejoins la vigne en traversant le parc et les parcelles limitrophes de la propriété. Le soleil nous accompagnait dans cette balade matinale, un régal.

L’équipe avait déjà commencé son travail. Armée des indispensables outils du vendangeur 2020, masque, gants et sécateur, je me suis attaquée à mon rang. Et c’est là que j’ai tout compris : les difficultés, la pénibilité mais aussi le plaisir de la récolte. Oui, c’est difficile de vendanger. Courbée en deux ou accroupie, je cherche sous la végétation l’or du Médoc. J’arrache maladroitement les feuilles pour me frayer un passage mais souvent le fruit est rebelle. La grappe est attachée au sarment par une tige, le pédoncule, dont la faible longueur ne permet pas de travailler confortablement avec le sécateur. L’ouvrière malhabile peine à couper sans blesser les baies.

Heureusement la nature est généreuse, les grappes sont magnifiques et ma cagette de 7 kg se remplit rapidement. Quand elle est pleine, je me redresse et je crie fièrement “cagette” . Le temps que mon porteur vienne récupérer ma caisse, je respire et je vis ce moment unique. Etre là, au milieu de cette végétation luxuriante, dans les rayons du soleil matinal à ramasser ces golden baies, c’est magique.

Ma tâche terminée, mes dix pieds récoltés, j’écoute les femmes et les hommes de métier.

Leur vendange a une musique, un rythme. Dans le silence des rangs, on entend le bruit des feuilles que la main froisse, écarte et parfois arrache pour se frayer un chemin vers la grappe. Puis on entend le clac – clac nerveux du sécateur. Les gestes sont rapides, les bruits leur répondent. Et très vite retentit le « cagette », l’appel du coupeur au porteur pour que celui-ci vienne chercher le contenant plein. 

Quand les travailleurs ont terminé leur rang, ils se redressent, regardent l’avancée des copains avant de replonger dos courbé et gestes habiles vers les raisins dorés. Ce matin ils vont faire 150 cagettes, de quoi alimenter la presse pour deux fois.

 Je les laisse terminer et prends le temps de quelques photos du raisin , la star du jour. La vigne est somptueuse en septembre, déclinaison de vert et de jaune doré.

Je quitte à regret l’endroit pour retourner vers la chartreuse. Dans le chai de vinification, on presse le raisin récolté la veille.

La presse

Le raisin est ramassé au lever du jour quand les températures sont les plus basses. La vendange est stockée une journée + une nuit en camion réfrigéré. Au repos, la vendange amorce une macération propice aux échanges aromatiques entre la peau et le mout. C’est le skin contact. Il n’y a ni éraflage, ni tri comme dans les rouge. Ici la rafle (la partie végétale, le lien nourricier qui supporte les baies et relie la souche et le grain) va aider à drainer les jus.

Le lendemain de la récolte, on apporte les cagettes au chai. On peut voir sur les photos que les grappes sont versées entières dans la cage. On alterne couche de fruits et tapis de corde (utile pour drainer) . A l’oeil, on remarque des raisins brulés de soleil au milieu de grappes. Ils ne donnent pas de mauvais goût. Quand à ceux que le botrytis a colonisé, ils donneront de la richesse aromatique au mout.

Et si il restait des baies à la maturité trop avancée, leur jus serait éliminé. A chaque presse, on écarte les 7 à 8 premiers litres, ceux des raisins trop mous qui éclatent en premier.

Préparation d’une presse au Château Fourcas Hosten

Le pressurage vertical se fait avec une montée en pression par palier. Celle-ci reste douce afin de ne pas écraser les pépins et libérer de l’amertume. Le jus s’écoule par les perforations de la cage inoxydable. il est recueilli dans un cuvon thermorégulé. A ce stade, il n’y a pas de sulfitage mais une protection par gaz CO2.

une Presse en quelques chiffres :

  • 7 h / par cuve
  • 75 cagettes de raisin. 
  • 800 Kg de raisin 
  •  350 litres de jus soit 400 bouteilles. 
  • Le Blanc de Fourcas Hosten en 2019
    • 20 presses 8 000 bouteilles 
Sophie Solnicki-Thierry, directrice commerciale, Athanase Fakorellis, oenologue conseil,
Eloi Jacob Directeur du Château Fourcas Hosten

En rentrant de la vigne, nous avons goûté le jus de deux presses en fonctionnement. C’est une expérience gourmande unique. Il y a de la présence, de la matière, du fruit et du sucre. Un bonheur.

La vinification, l’élevage et la commercialisation du Blanc de Fourcas Hosten

La presse terminée, le jus recueilli est mis en barriques de chêne pour une vinification et un élevage à la bourguignonne sur lies fines. La fermentation alcoolique va durer 10 à 15 jours à température régulée entre 15 et 23°.

Pas de fermentation malo lactique pour ce Blanc à l’issue mais un élevage de 6 mois en barriques. Les vins sont batonnés plusieurs fois par jour pendant les trois premières semaines puis une fois/jour.  Avec le temps, le vin s’enrichit devient plus complexe. Il pourra se garder au moins 5 ans. 

Le travail du chai se fait en étroite collaboration avec l’oenologue conseil. Athanase Fakorellis accompagne en tant que consultant sur le Blanc depuis le premier millésime en 2014. Il est très présent sur le domaine. Grec d’origine, il se destinait à la pharmacie. Venu à Bordeaux pour étudier, la vie l’a mené vers des études d’onoelogie. Il conseille un ensemble de Châteaux dont le célèbre Château Valandraud Blanc de Murielle Andraud et Jean-Luc Thuvenin, inventeurs des vins de Garage et précurseurs dans les Blancs de luxe travaillés comme des Bourgogne.

Le Blanc de Fourcas Hosten bénéficie de soins attentifs, il occupe une place très particulière au domaine. Quand Laurent et Renaud Momméja ont racheté les lieux, on n’y faisait que du rouge. Ils ont souhaité par le biais du Blanc fédérer les équipes autour d’un nouveau projet. l’idée de rassembler de la production au marketing se trouva confortée par l’analyse des sols. Le terroir de Listrac-Médoc, et plus particulièrement celui du Château Fourcas Hosten étaient capable de donner un grand Blanc.

Le Blanc devient donc la cuvée de toutes les innovations. Le meilleur de ce qui est appris avec lui est ensuite transposé au rouge. Je pense au pressoir vertical et bien sur à la culture en bio. Le choix du bio s’est imposé dès le début de la plantation des Sauvignon et des Sémillon, les cépages du Blanc. Au vu des bons résultats du process, les techniques de culture biologique apprises ont été transposées sur le rouge, de 4 hectares en 2013, 19 hectares en 2016 à la totalité du vignoble 38 hectares en 2018.

Aujourd’hui, une des expérimentations en cours, c’est la vinification en amphore de terre cuite.  Une belle pièce occupe le centre du cuvier. Matériel artisanal, vivant, capable d’échanger avec le milieu ambiant, elle va apporter des notes originales sans le côté boisé de la barrique.

Lors de mon passage, au tout début des vendanges, le chai était presque vide. Une seule barrique récolté 8 jours auparavant contenait le futur 2020. Cela suffisait pour diffuser dans la pièce des parfums de fruits, de poires. L’ai embaumait le vin en devenir. Eloi Jacob a prélevé pour nous une pipette du nectar. Divin !

Le Blanc de Fourcas Hosten

Joli terroir, conduite de la vigne en bio, vendanges manuelles et vinification minutieuse font du Blanc de Fourcas Hosten, un vin couture. A la dégustation, il séduit par sa pureté aromatique et sa finesse. Pour avoir eu la chance de déguster les millésimes 2015, 2017, 2018 et 2019, je dirai que ce vin racé me semble de ceux qui sont taillés pour la garde.

Si le millésime 2019 séduit par sa fraîcheur, son éclat, le 2015 a gagné en complexité. Sa robe a peu évolué, le vin ne s’oxyde pas malgré une très faible teneur en sulfites. (Le résiduel est donné à 60mg/ litre dans le vin)

Le Blanc de Château Fourcas Hosten, les millésimes 2017 et 2019

Le Blanc de Fourcas Hosten est commercialisé sous l’appellation Bordeaux. C’est une des limites de nos AOC. Celle de Listrac Médoc ne prévoit pas le blanc dans son cahier des charges. l’INAO a oublié l’histoire des grands vins blancs des terres médocaines. Ceux qui se lancent dans l’aventure du blanc ne bénéficient donc pas des appellations villages. C’est dommage.

Le Blanc de Fourcas Hosten, 2019

72 %Sauvignon Blanc et 15% Sauvignon gris pour la fraîcheur

13 % Sémillon pour la matière

Rendement : 28,64 hl/ha

production 6431 bouteilles + 542 magnums

Où trouver les vins ?

Très classiquement à Bordeaux, le vin est commercialisé par la filière du négoce. On retrouve donc le Blanc et les rouge chez les grands cavistes et les sites en ligne au prix moyen de 25€ la bouteille. (Ex : wineandco.com, à La Vinothèque de Bordeaux et à la boutique Caviar de Neuvic passage Sarget)

On peut aussi acheter directement à la propriété et pourquoi pas en profiter pour visiter le domaine. Pour cela, il faut réserver, voici toutes les informations :

Château Fourcas Hosten visites : https://www.fourcas-hosten.com/organiser-une-visite/

📪 5 rue Odile Redon – 33480 Listrac Médoc

☎️ 05 56 58 01 15 pour prendre RDV

Cet article est un coup de coeur, je suis fan du Blanc de Fourcas Hosten. Il mérite une place dans nos caves et dans nos sélections. Le Bordeaux change, ce serait dommage de passer à côté de ses cuvées d’exception, de ses vins modernes. Dimanche matin sur France Inter, on parlait dans l’émission “On va déguster” de la remontada du Bordeaux. Je partage leur analyse. Et en amatrice enthousiaste, je reviens très vite vous parler de mes Bordeaux blanc favoris.

Ainsi ce termine cette journée magnifique au château Fourcas-Hosten pour la première récolte des vendanges 2020 en Blanc.

Les vignerons bio de Nouvelle Aquitaine présentent le millésime 2019

C’est la rentrée pour les vignerons de Nouvelle Aquitaine. Ce lundi 31 août se tenait BtoBIO à la Faïencerie.

Chaque année, les vignerons bio de Nouvelle Aquitaine présentent leurs vins à la dégustation. Ce rendez-vous se tient traditionnellement pendant la semaine des primeurs en avril. Mais en 2020, le Covid a tout bouleversé et c’est donc avec retard que le millésime 2019 est dévoilé aux acheteurs professionnels.

Pour cette nouvelle édition, le salon s’est installé à la Faïencerie, un lieu chargé d’histoire, un endroit magnifique propice aux belles rencontres. Car BtoBIO c’est plus qu’une dégustation en avant-première. Dans le monde des vins conventionnels, la semaine des primeurs est l’évènement annuel des Bordeaux. Les dégustateurs du monde entier viennent découvrir un millésime avant sa mise sur le marché pour se positionner commercialement. C’est le moment crucial où tout se joue, où les grands châteaux annoncent leur prix de sortie, où se décident les premières transactions. La semaine des primeurs donne la tendance du marché dans une ambiance électrique. La place de Bordeaux retient son souffle à l’écoute des rumeurs, des avis des grands critiques et autres faiseurs de rois.

BtoBIO fonctionne différemment et de manière beaucoup plus sereine. Les vignerons bio ont choisi de proposer en même temps leur primeurs et leurs livrables (c.a.d les vins déjà stockés en bouteille et disponibles immédiatement à la vente). Cela permet de découvrir un domaine dans sa globalité.

BtoBIO : Bel assemblage de 80 vignerons bio

Quand 80 vignerons exposent, c’est toute la richesse, la diversité du bio qui s’offre aux visiteurs. Le Bordeaux Bio n’est pas un, il est multiple. Au cours de ma dégustation, j’ai découvert des viticulteurs très différents. Certains travaillent la vigne comme un jardin, d’autres sont à la tête de vastes domaines sur plusieurs appellations. La plus petite exploitation représentée à Btobio ne fait que 1 hectare. C’est le Clos Bonnefare à Montravel – production 4 000 bouteilles/an. La plus grande en compte 270, il s’agit de Bordeaux Vineam – production 700 000 bouteilles/an. Leurs problématiques sont forcement très différentes. De la même façon leur chemin vers la culture en bio est lui aussi unique. Voici en exemple quelques profils.

Le viticulteur bio depuis toujours.

Les progrès à la vigne sont venus après la seconde guerre mondiale. Les années 50 ont vu l’arrivée des tracteurs, de la mécanisation et de la Chimie. Certains vignerons ont très vite senti les dangers des pesticides, fongicides et autres produits joliment appelés phytosanitaires. Ils sont restés sur des méthodes traditionnelles de lutte contre les ravageurs et maladies de la vigne. Ils se sont naturellement tournés vers le bio. C’est le cas du vignoble Boudon à Soulignac https://www.vignoble-boudon.fr , un domaine de 28 hectares dans l’Entre-deux-mers. Ils travaillent en bio depuis 1963. J’ai craqué pour leurs blancs. Le classique Domaine du Bourdieu, un vin blanc sec , assemblage de Sémillon, Sauvignon blanc et gris et Muscadelle ( qui donne un profil très aromatique). Le très intéressant ChaPô, un blanc sec sans sulfites, un côté salin et légèrement perlant. J’adore.

Les blancs du Vignoble Boudon, Entre-deux-mers à Btobio

Dans cette catégorie de Bio depuis toujours, il y a l’excellent Château Coutet à Saint Emilion dont j’ai déjà parlé dans le Blog, les vignobles de la famille Cassy Laurent, Château Chillac et Quillet et bien d’autres…

Château Coutet dans le blog : http://lemeilleurdebordeaux.fr/chateau-coutet-vin-de-saint-emilion-bio-et-nature/

les vins de la Famille Cassy, Château Chillac, Château Quillet et un jus de raisin très gourmand
Les domaines de grand propriétaire

Ce sont des propriétés remarquables qui ont changé de main au cours des siècles et qui sont dirigées aujourd’hui par des investisseurs amoureux du vin. Ils ont fait le choix raisonné du bio et se sont donnés les moyens techniques à la hauteur de leur passion. Dans cette catégorie, il y a Château de la Dauphine à Fronsac. J’aime beaucoup cette appellation proche de Saint Emilion. On y fait un vin à majorité de Merlot qui a de la rondeur et de la finesse. Château de la Dauphine est un des figures emblématiques de ce territoire. A BtoBIO 2020, on pouvait déguster leur 2015, une superbe année, un millésime déjà prêt à boire et aussi le 2019 encore dans sa jeunesse. Le vin en manque pas de charme avec sa robe couleur cerise noire surlignée de framboise. A la dégustation, j’aime sa délicatesse, sa belle attaque et sa longueur en bouche. Encore un peu de patience et ses tanins délicats vont s’assouplir, il sera parfait. On aurait donc tort de ne pas profiter d’une année où les prix sont plus sages pour ne pas commander en primeur. Château de la Dauphine 2019 s’achète en direct à la propriété au prix de 14,95€ la bouteille de 75cl. Il sera livré en 2022. ( commande à passer avant le 30 septembre)

Château de la Dauphine dans le blog : http://lemeilleurdebordeaux.fr/oenotourisme-vert-le-green-tour-du-chateau-de-la-dauphine/_dsc0264/

Château de la Dauphine, un Fronsac délicat et délicieux

Autre exemple de grande propriété, Château de la Lagune orchestré par Caroline Frey. Pour BtoBio, la maison présentait les deux vins du domaine et celui d’un satellite mademoiselle L . 2019 est le premier millésime certifié bio du Château.

Château de la Lagune dans le blog : http://lemeilleurdebordeaux.fr/chateau-la-lagune-le-second-des-grands-crus-classes-a-obtenir-le-label-bio/

Les vins de Château la Lagune, 3è Grand Cru Classé
les néo vignerons

Ils ont commencé leur vie active dans un autre domaine et la passion vin leur a fait changer de cap. Ce sont les néo vignerons. Certains partaient avec de bonnes connaissances, d’autres n’avaient que leurs envies. Tous se sentaient libres de tracer leur route, ils ont choisi le bio comme une évidence. Dans cette catégorie , j’ai remarqué Mélanie Haguenin qui travaille avec son mari Thomas au Château L’Escarderie en Fronsac. 2019 est leur premier millésime sur un vignoble dont l’ancien propriétaire ne produisait pas de vin mais portait tout à une coopérative. Alors quand on doit tout inventer, on peut jouer d’audace. Installés depuis 2015 seulement, les Haguenin osent. Ils vinifient en barriques de chêne, en amphores de terre cuite et limitent les intrants dans leurs vins.

Château de l’Escarderie, Fronsac

Les néo vignerons sont de plus en plus nombreux. Quand l’envie de nature et de changement de vie se fait la plus forte, travailler la vigne reste un beau projet. A Btobio, il y avait dans ce registre le Château La Brande de Benoit Soulies. J’en oublie certainement car malheureusement je ne pouvais rencontrer 80 vignerons en une seule fois.

BtoBio 2020, ce fut une très belle édition. Les acheteurs sont- ils tous venus ? Je n’ai pas l’information mais il y avait une belle affluence sur le salon. L’intérêt pour les vins bio ne faiblit pas. Il me semble que cela reste la meilleure voie pour le Bordeaux. Aujourd’hui, la Nouvelle Aquitaine se positionne comme la troisième région en bio derrière le Languedoc et la région PACA . Le nombre de propriétés certifiées ne fait que croître. C’est le moment pour les acheteurs de revenir sur le Bordeaux pour encourager ces bonnes pratiques. Ici à Bordeaux l’avenir s’écrit en vert.